Christelle Gebel .::. Naturopathe & enseignante de Yoga

 
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La médecine de la Grèce Antique

L’art de la médecine en Grèce antique naît du très savant et très sage Khiron, le Bon Centaure,  initiateur de nombreux héros et dieux guérisseurs, au plus près des secrets de la nature guérisseuse, dont la représentation mi-cheval, mi-humain symbolise l’homme initié. Il enseigne au fils du dieu Apollon, Asclépios, l’art chirurgical et l’usage des plantes thérapeutiques. Asclépios fut divinisé en dieu guérisseur vers 420 av. J.-C., puis adopté comme dieu de la médecine par les Romains sous le nom d’Esculape. Sa fille, la déesse Hygie, personnifie la santé préservée et la médecine préventive.

Dans les sanctuaires de guérison, les prêtres-guérisseurs se vouent à la guérison de nombreuses maladies au moyen du sommeil hypnotique et de l’incubation aux essences aromatiques médicinales. Les textes classiques et les nombreux vestiges attestent que l’hydrothérapie était couramment utilisée dans la Grèce antique, aussi en prévention.

La représentation théâtrale est née en Crète au IIe millénaire av. J.-C.

Souvent inspirés par la mythologie, les poètes satiriques et tragiques de la Grèce antique en représentant la ‘’folie des dieux’’, auraient fait de l’art théâtral une catharsis vécue sur le plan social, collectif. 

temple d'Asclepsios théàtre d'Epidaure

 La reconstitution du sanctuaire d’Asclépios, haut–lieu de guérison à l’époque classique, contigu aux ruines du théâtre d’Epidaure

 

Hippocrate (~460 – 370 av. J.C)  transpose dans la médecine, la représentation du monde, des philosophes et des savants de son époque.

Ami de Démocrite pour qui la nature est constituée d’atomes indivisibles plus ou moins concentrés dans le vide selon que leur nature les fait se rassembler, en fonction de leurs qualités chaude, froide, humide ou sèche.

Tout, selon eux, est mouvement et en constante transformation dans la nature.

Ami de Socrate, il applique à sa médecine, sa philosophie d’unité au-delà du dualisme. ''Socrate s’en prend aux sophistes qui se gargarisent de mots au lieu d’étudier la réalité constituant l’universalité humaine''. CB p285

 ''Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers''   

la mort de Socrate

   Jacques-Louis David (1787),  La mort de Socrate, condamné à boire la ciguë

 

 En instaurant un dialogue thérapeute-patient selon une technique issue de la maïeutique socratique, Hippocrate intègre la maladie dans le contexte culturel qui lui est propre.

Ce modèle fondé sur un relativisme culturel avant la lettre ne retrouvera vraiment sa place dans la médecine occidentale qu’après la Seconde Guerre mondiale, en réaction contre les abominations du totalitarisme nazi – aboutissement ultime de la logique aristotélicienne qui, déjà en son temps, permit de justifier l’esclavage par une théorie économique.  CB p.292

A l’instar de Socrate qui méprise la mythologie mais pas les dieux et entreprend même de démontrer l’existence de Dieu, Hippocrate fustige les charlatans qui profitent de l’ignorance et de la peur face à la maladie mais ne s’attaque pas aux prêtres des sanctuaires guérisseurs. Il n’a rien d’un athée moderne.

C’est pourquoi sa nouvelle manière de penser ne s’oppose pas aux rituels médico-magiques des guérisseurs, qu’il considère comme une médecine réparatrice comme celle des chamanes de la préhistoire. Cependant, il postule que ''doser des exercices et un régime alimentaire'', c’est aussi prévenir la maladie et gagner en liberté.

Holistique, la médecine hippocratique est en ce sens une médecine sacrée, bien que non religieuse. Hippocrate intègre l’être humain à la biosphère et s’intéresse à son esprit, à sa psyché à la fois âme et conscience. Cette conception intégrant l’homme à son environnement précède le paradigme anthropocentriste et réductionniste d’Aristote (~445 – 386 av. J.-C.), qui oppose dans un système d’exclusion, l’homme et la nature, le juste et le faux, la raison et l’intuition, le bien et le mal, etc.. .

 

En cherchant à identifier les causes naturelles des maux et en rejetant la conception antique de la maladie née d’une malédiction divine, la médecine d’Hippocrate pose la première pierre de la médecine scientifique.

Il réussit à élaborer une synthèse entre les connaissances médico-pharmacologiques qu’il acquit en Egypte et la logique catégorielle qui commençait alors de caractériser la culture grecque. Sa théorie des humeurs héritière de la cosmologie de l’Egypte pharaonique, sera progressivement  abandonnée dans l’Europe romanisée au profit de la médecine de Galien (131-201), fondée sur  un raisonnement clinique de type purement aristotélicien.  CB p181

 

Galien (129-200). Avec Hippocrate, il reste le médecin le plus célèbre de l’Antiquité gréco-latine. Son œuvre de 10’000 pages et les traités dont nous ne possédons que des versions arabes, rassemblent la quasi-totalité des connaissances médicales de l’Antiquité. Elle restera, jusqu’au XVIIIe siècle, la source essentielle de toute la médecine, tant dans le monde chrétien que dans le monde musulman.

Son éthique humaniste et philanthropique reste fidèle aux principes d’Hippocrate. Mais il en abandonne la théorie des humeurs et fonde sa pratique sur un raisonnement clinique se réclamant d’Aristote qui le conduit à des hypothèses erronées. Galien partage avec Aristote sa vision mécaniste et instrumentale du corps, qu’il conçoit comme un assemblage de pièces indépendantes ayant chacune une fonction particulière. Cependant il s’intéresse aussi à la psyché en accordant une grande importance à l’astrologie et autres arts divinatoires ainsi qu’aux rêves. De Platon, il conserve sa théorie des trois âmes logées dans le foie, le cœur et l’encéphale.

Pythagore (-580 à -495) aurait passé, entre autre, douze ans en Chaldée (Bagdad actuel), pendant lesquelles il apprit la science des nombres et de leurs correspondances avec la musique : gamme pythagoricienne, harmonie des sphères, nombre d’or, Théorème de Pythagore.

Près de mille ans plus tard, les gnostiques d’Alexandrie se référèrent à sa philosophie fondée sur l’unité dynamique de la nature, où les contraires sont conçus en tant que complémentaires et non d’opposés s’excluant réciproquement. Les scolastiques du Moyen Age, formés à l’implacable logique aristotélicienne, au raisonnement fonctionnant par exclusion, réussirent à occulter la pensée pythagoricienne en la faisant condamner comme une hérésie. Néanmoins, dans le secret de leurs laboratoires, les alchimistes, précurseurs de la chimie moderne, s’inspirèrent de ce paradigme selon lequel toutes les manifestations de la vie, tous les phénomènes sont en interaction les uns avec les autres.

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